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bles les visages des laides et rajeunissaient les vieilles !

Avec un acharnement craintif, Georges reprenait chaque jour un pourchas qu’il faisait tout pour rendre infructueux. Il suivait une silhouette à dix pas, s’arrêtant quand elle s’arrêtait et dardant vers elle son « fluide », ainsi que le lui avait conseillé un jeune homme qui pratiquait d’élémentaires occultismes. Il tendait toute sa volonté pour que la femme, par exemple, tournât la tête : lorsqu’elle la tournait, il était saisi d’une inexprimable angoisse. Souvent, il « exigeait » qu’elle vint à lui et lui parlât. Lorsqu’elle disparaissait, il recommençait avec une autre. Il ne se faisait guère d’illusion, mais ce jeu était nécessaire pour entretenir et faire patienter ses rêves.

Il lui arrivait de se mettre à la recherche