Page:Rosny aîné - Le Cœur tendre et cruel, 1924.djvu/188

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


une épine, formidable quand un officier entre en chasse.

Dans la salle qui sert d’estaminet et d’épicerie, rien à faire. Il faut assister à la poursuite des hommes, à leurs sales discours.

Georges la guette au fond du verger, où elle marche, furtive, vers la resserre aux provisions. Parfois, ils sont plusieurs à l’affût. Mais parce qu’elle a rabroué les plus hardis, il lui arrive d’être seule. Dans la pénombre, la chevelure jette une lueur luxueuse, le visage est un grand pétale de nelumbo, la bouche une bête rouge et fraîche. Cette fille semble aimer les paroles douces, presque mystérieuses, avec peu de gestes. Elle ne souffre aucun attouchement. Les entrevues sont courtes à cause des intrus, qui finissent toujours par survenir, les uns sournois, les autres joviaux.