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Les canonniers dévalent avec les troupeaux. On perçoit une sorte d’hymne lamentable ; les 75 sont enveloppés puis dépassés par la masse teutonique, qui s’étale jusqu’à la rivière.

Et quand tout semble révolu, une pullulation de cratères emplit le ciel et la terre. Par centaines, les fantômes grisâtres flageolent et croulent. C’est la contre-attaque. Voici venir la vague des pauvres bougres efflanqués, que des officiers hagards dirigent vers l’inconnu. Alors, Georges s’arrête, saisi par cette multitude torpide, qui bientôt l’entraîne jusqu’aux batteries.

Du haut de la colline, on voit refluer la mélancolique vague allemande devant la triste vague française… Des canonniers sont revenus ; quelques 75 reprennent leur labeur monotone…