Page:Rosny aîné - Le Cœur tendre et cruel, 1924.djvu/179

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


collines : la bestiole humaine éparpille son sang, ses os et ses muscles. Georges, une fois de plus, a le sens profond de son néant. Il ne sait rien. Il est un coléoptère sous le bec du passereau, un chevreuil sous la dent du loup, un bouvreuil saisi par l’épervier ou une akène dans l’ouragan…

Logique, calcul et loi s’effondrent. Enveloppé dans les hasards, sans espérance qu’une chance obscure, pas même fétichique, il clame, après le capitaine, comme un écho :

— Trois mille quatre cents…

— Feu !

Des ordres mystérieux circulent ; des agents de liaison passent ; on ne sait rien, pas même de quel côté est l’offensive. Jusqu’alors, les batteries sont intactes. Fusants et percutants ont cherché en vain. Il y a des