Page:Rosny aîné - Le Cœur tendre et cruel, 1924.djvu/169

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Il suivit son ami. D’abord, ils n’aperçurent que Mme Bonnefoz qui grillait des rôties dans un appareil électrique. Un flot sombre empourpra l’âme de Georges, tandis que la bonne dame, d’un ton apitoyé :

— Écrivez-nous… et laissez-nous vous envoyer quelques petites choses dont un soldat a besoin… celles que vous ne demanderez pas à vos parents…

Elle beurra les toasts, elle versa le thé dans les tasses. Des larmes montaient aux yeux de Georges… Subitement, le monde s’illumina, la mort disparut, toutes choses ressuscitèrent. Rose était venue. Il n’osait pas la regarder de face ; son regard filtrait vers elle et la cueillait, comme une fleur mystique. La tresse éblouissait. Les lèvres et les dents vivaient souverainement. La fine palpitation de la poitrine se répercutait dans