Page:Rosny aîné - Le Cœur tendre et cruel, 1924.djvu/153

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


prit, avec les ressauts soudains de la conscience, les menaces démentes et les craintes hyperboliques… Souvent, il se levait, il promenait sa peine dans le silence universel, jusqu’à ce qu’une fatigue excessive le contraignît à rentrer dans son cachot de matelas et de couvertures, où le cycle funeste recommençait.

Il se levait, les joues jaunes et les paupières violettes, et tentait de chasser l’image de Rose par les images de la guerre… Là-bas dans le froid, dans la pluie, dans le vent, les hommes souffraient et mouraient, plus infortunés que les plus misérables animaux… Et lui, Georges, bientôt, souffrirait comme eux, et comme eux, peut-être, mourrait !…

Il s’excitait à renforcer ces images, il réussissait à s’attendrir sur eux et sur soi-même… Pas longtemps. Rose surgissait en-