Page:Rosny aîné - Le Cœur tendre et cruel, 1924.djvu/137

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


à un autre comme elle s’était offerte à lui. Et l’autre ne reculerait point. La chute serait aussi fatale que le cours des saisons :

— Je n’ai cédé qu’à la frousse ! concéda-t-il. Rien de plus…

À force de se le répéter, il sentit un soulagement bizarre, et d’autres émotions, venues sournoisement de l’arrière, se mirent à le harceler. Il s’avoua qu’il aimait Rose autant qu’il avait aimé Marie. Et même, ces deux amours, malgré l’extrême dissemblance de leurs genèses, ne différaient que par quelques points. Sans doute la sensualité dominait dans l’image de Rose, tandis que, avec Marie, une crise idéaliste avait longtemps amorti et même éteint le désir. Mais le même instinct religieux divinisait les deux légendes et les enveloppait d’une atmosphère identique. La soudaineté et la