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Divin Bellai, dont les nombreuses lois
Par une ardeur du peuple séparée,
Ont revetu l'enfant de Cytherée
D'arc, de flambeau, de trais, & de carquois,

Si le dous feu dont, chaste, tu ardois,
Enflame encor' ta poitrine sacrée,
Si ton oreille encore se recrée
D'ouir les plains des amoureuses vois,

Or ton Ronsard qui sanglote, & lamente,
Pâle, agité des flos de la tourmente,
Croisant en vain ses mains devers les Dieus,

En fraile nes, & sans voile, & sans rame,
Et loin du bord, ou pour astre sa Dame
Le conduisoit du Fare de ses yeus.

MV RE T.

DiuinJSeüai.) il écrit ce Sonet a Ioachim du Bellai Angcuin excellent Poète François , comme lès euures de long tans femécs par toute la France contreignent les enuieus mefmesa confefler: &le prie d’ouirles complaintes qu’il fait, pour elfre abfent de fa dame, fans grande efperance de la reuoir . Vq prefque fem- blable Sonet luy auoit écrit du Bellai,dan$ fon Oliue: lequel m’a fembiébon de métré ici. • • •<

? Diuin -Ronfard cjui de l’arc a fet cordes

Tiras premier au but de la mémoire ’ _

. Les trait aies de la F rancoife gloire,

£ ut fur ton Lue hautement tu accordes: Famestsharpeur,& prince de nos odes,

Laijje ton Loir hautain de ta y ittoire, > •

Et i lien former au riuage de Loire De tes chanfons les plus nouùelles modes.

• Enfonce lare du yieilThebain archer,

Ou nul <put toi ne flutonc encocher m