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Je veus mourir es amoureus combas,
Souflant l’amour, qu’au coeur je porte enclose,
Toute une nuit, au millieu de tes bras.

MVRET.

je ytw mourir. ) 1 1 die, qui 1 eft content de mourir pour les beautés & bonnes grâces de fa dame, lefquellesil pourfuit particulièrement. Mais que fur tout ilfouhé- te de mourir,combatantpcra per, en camp clos, auec elle, Qui^tout d'vn coup me guérit & meblefle. Cette figure fapelle en Grec v'çt£ovnfÔ7»£Ov. Ilia vne allu- fion a vne fable d’Achilc, laquelle ie racôterai ailleurs plus commodément. Tour le brunie ce teint ,)Vo\Xl et teint brun.Locution Greque.


Dame, depuis que la premiere fleche
De ton bel œil m'avança la douleur,
Et que sa blanche et sa noire couleur
Forçant ma force, au cœur me firent breche:

Je sen toujours une amoureuse méche,
Qui se ralume au millieu de mon cœur,
Dont le beau rai (ainsi comme une fleur
S'écoule au chaut) dessus le pié me sèche.

Ni nuit, ne jour, je ne fai que songer,
Limer mon cœur, le mordre et le ronger,
Priant Amour, qu'il me tranche la vie.

Mais lui, qui rit du torment qui me point,
Plus je l'apelle, et plus je le convie,
Plus fait le sourd, et ne me repond point.

MVRET.

pzmt depuis .)Tout ce Sonet eft alfifs facile de foi,,