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Delà eft que Platô l’apcllc to Kyt/uovm ov. lenerol prf. C’eft vne chofe naturelle , que ceus que nous aimons fort,il nous femble touiours que nous les voions.D’ou eft, que les 1 atins difenr, porter quelcun dans l’œil, pour dire l’aimer bien fort. Les Grecs difent pour le mefme , porter quelcun en la telle , tir» ru 7j^4>îfeiv. Ou d'yn foudre,) par ce qu’elle me brûle. Ou dyne nef) par ce qu’elic me fuit. Ou d’ynTigre af- fame, )pour ce qu’elle me deuore.


Si mile oeillets, si mile lis j’embrasse,
Entortillant mes bras tout alentour,
Plus fort qu’un cep, qui d’un amoureus tour
La branche aimée, impatient enlasse:

Si le souci ne jaunit plus ma face,
Si le plaisir fonde en moi son sejour,
Si j’aime mieus les ombres que le jour,
Songe divin cela vient de ta grace.

Avecque toi je volerois aus cieus,
Mais ce portrait qui nage dans mes yeus,
Fraude toujours ma joïe entrerompue.

Et tu me fuis au milieu de mon bien,
Comme l’éclair qui se finit en rien,
Ou comme au vent s’evanoüit la nue.


MVRET.

Si mille œillets. fil remercie le Sôge, difent, qu’il né re- çoit du bien que par lui : & que par Ton moien il vole- roic iufques au cicl,fi n’étoit,que ce plaifir fc pafle trop t6t,& f euanouit en rien . impatient,) Ce que les La- tins difent, impotent. Semblable inuention cft dans les Rimes du Seigneur Bemb o .