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Les ahymes ouuers.) Il entend ce vuide qu’EmpedocIe* Lucrece,& autres difent eftre outre le ciel, l'idee. ) Idées font images des chofes,qui Pimprimct en nôtre ame.Mot Grec.


Bien mile fois & mile j'ai tenté
De fredonner sus les nerfs de ma lyre,
Et sus le blanc de cent papiers écrire
Le nom, qu'Amour dans le cœur m'a planté.

Mais tout soudain je suis epovanté,
Car sa grandeur qui l'esprit me martire
Sans la chanter arriere me retire
De cent fureurs pantoiment tourmenté.

Je suis semblable à la Prestresse folle,
Qui bégue perd la vois & la parolle
Dessous le dieu qu'elle fuit pour neant.

Ainsi piqué de l'amour qui me touche
Si fort au cœur, la vois fraude ma bouche,
Et voulant dire, en vain je suis béant.

MVRET.

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Sien mille fois. )Les Preftrelfes ancienes.lors qu’Apol-* Ion entroir dans elles,pour leur faire chanter les ora- cles.eftoient tellement emeues par la vehemente agi- tation du Dieu , qu’elles perdoient Cens 8c parolle, & béoient feulement ne pouuans parler. Ainiî dit il que la grande beauté, Scdiuinité de là dame l’empefche de parler.ou d’ecrire, lors qu’il en a le plus grand dé- fit. Pantoimtnt )Tellement qu’il ne peut haleter , ni auoir fon haleine. Mot propre en faucônerie. le fuis femblable a la f>reJlreJfe.)CcttC aflfe&ion eft ainfî déc« r te en Virgile,’

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