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Sinon le beau de leur beau que j’adore:

Et le plaisir qui ne se peut passer
De les songer, penser, & repenser,
Songer, penser, & repenser encore.

MVRET.

Ce heau eoral.) Ne dormant,ne veillant, il ne peut pen fer en autre chofe,qu’aus fîngulieres beautés de fa da- me. Cebeau eoral.) Ces leuresaufsi vermeilles que franccoral. Cemarbrequi /o«/>*re,)Cetertomac blanc comme marbre, par fors agité dVn tremblotement dous. £tcetebene.)CeCouTci noir.Ebene eft vn bois odorant, qu’on aporte des Indes , aiant par le dehors couleur comme de buis : mais fort noir par le dedans. Etcetalbatre,) Ce front blanc comme albâtre. Et ces saphirs. )Cesyeus etincelans. Ce lajpe,& ctpor» phyre.) Il lignifie la délicate peau de fa dame,autra- uers de laquelle a paroiffent les veines, comme fur vn

Iafpe,ou fur vn Porphyre bié poli. gujonKephyre,) vne fouefflairante haieinc.Æls ces œillets,) Cette ver- . meille couleur. Et ce fin or,) Cette perruque dorée»


Tes yeus divins me promettent le don
Qui d’un espoir me r'enflame & renglace,
Las, mais j’ai peur qu’ils tiennent de la race
De ton aieul le Roi Laomedon.

Au flamboier de leur double brandon
De peu à peu l’esperance m’embrasse,
Ja prevoiant par le ris de leur grace
Que mon service aura quelque guerdon.

Tant seulement ta bouche m’espovante,
Bouche vraiment qui prophéte me chante