Page:Ronsard - Les Amours, 1553.djvu/50

Cette page n’a pas encore été corrigée


Avoir la face amoureusement bléme,
Plus soupirer, moins flechir la rigueur,
Mourir d'ennui, receler sa langueur,
Du vueil d'autrui des lois faire à soi-mesme :

Un court despit, une aimantine foi,
Aimer trop mieus son ennemi que soi,
Peindre en ses yeus mile vaines figures :

Vouloir parler & n'oser respirer,
Esperer tout & se desesperer,
Sont de ma mort les plus certains augures.


MVRET.

Ctntdr eentfoit.)ll voit en foi beaucoup de choies pro- cédantes de l’Amour , qui toutes lui lignifient fa mort prochaine. Se dtjfoiuer y )St defalterer,é tain dre fa foif. S'auianJer,)Se repaître. Vn court Aejpit.)l\ Ce defpite quelque fois contre la durtcdeladamermaisledelpic eft bien court, vne aimant ine foi,) Au fsi forte comme l’aimant, qui atire le fer. ~4»g*rts , ) lignes, propages.


Ce beau coral, ce marbre qui soupire,
Et cet ébéne ornement d’un sourci,
Et cet albâtre en voute racourci,
Et ces zaphirs, ce jaspe, & ce porphyre.

Ces diamants, ces rubis, qu’un zéphyr
Tient animés d’un soupir adouci,
Et ces oeillets, & ces roses aussi,
Et ce fin or, ou l’or mesme se mire.

Me sont au coeur en si profond esmoi,
Qu’un autre objet ne se presente à moi,