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Qu’Amour mon cœur, qu’Amour mon ame sonde,
Luy qui conoit ma seule intention,
Il trouvera que toute passion
Veuve d’espoir, par mes veines abonde.

Mon Dieu que j’aime ! est il possible au monde
De voir un cœur si plein d’affection,
Pour le parfait d’une perfection,
Qui m’est dans l’ame en plaie si profonde ?

Le cheval noir qui ma Roine conduit
Par le sentier où ma Chair la seduit,
A tant erré d’une vaine traverse,

Que j’ai grand peur, (si le cheval blanc ne contraint
Sa course vague, & ses pas ne refraint
Dessous le jou), que ma Roine ne verse.

mvre't.

fe di tertre fiplcin d’affeflion moureufe ,quil cramt, quefaraïfon en foitalafin renuerfee. re**edefpoi r .) Sansaucun efpoir . Ainfîa

^ } ltmva ïïp : ' d ol m yiduantur or ni.) Ltche»al notr .

Par fa Rome rl entend fa raifon.Par le cheual noir,yn apctit fenfuel & defordonnd, guidant l’ame aus volu- pt s charneles. Par le cheual blanc, vn apetit honefte,

&moder<f,tendant toujours au fouuerain bien . Cette


Cent & cent fois penser un penser mesme,
A deus beaus yeus montrer à nu son coeur,
Se dessoiver d'une amere liqueur,
S'aviander d'une amertume estréme :