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LE S AMOVRS M V R E T.

le youdroi' £*«*.) Le fens eft,qu’il voudrait bien obtenir iouiflance de fa dame, en quelque facô que ce fut. Mais il enrichit cela de fables poétiques , comme nous dirôs parle menu. Richement ia»nijfant. ) Acrifiefuc iadis Roi d*Argcs,auquel il auoit cfté predir,que d’ vne fiéne fille nommée Danés,fortiroitvn fils qui le metroit a mort.Craignâc cela, il fit faire vne grofle tour d’ærain, & la dedans enferma fa fille,lui aiant pourueu de quel* ques femmes pour fonferuice,deffendât trefexprefle- ment, qu*hôme quel qu r il fut n’eut leans entrée: efpe- rant par ce moien euiter fon defaftre. Mais ainfi que le recelement .d’vne excellente beauté ne fait que plus fort eguillôner ceus, qui en font defireusrluppiter qui long tans auparauât auoit efté féru de l’amour de cette princefie,la voiât ainfi enfermée, plus fort embrafé que jamais, pour plus aifément paruenirafbn attente ,fe conuertift en pluie d’or,& tout bellement Ce laiifa cou- ler par le toit,iufques ah girô cle l’Jnfan te,auec laqucl - le il exécuta lors le point auquel principalement tous amoureus pretédent. La fable cil en la Metamor. d’O- uide. Ainfi dit le pocte, qu’il voudrait bien paruenir a fa dame. Lors <j»*enfesyew. ) Lors qu’elle s’endort le plus doucemét, côme fur le point du iour. Cefommeil eft propremét appellé par les Grecs le yo»- droi bien en toréa». )Ainfi que fit Iuppiter pour rauir Eu- rope.Ieme déporté de recirer cette fable, parce que Baïfl’adiuinemct décrite au liuret appellé. Le rauifle- ment d’Europe.On la pourra prcdre de la. le vouldroi lien affm d'aifer.) de foulager, Ma peine. JZftre y n N arm ojj/fONarciflè fut vn ieune enfant beau par excellence, lequel apres auoir dédaigné beaucoup de ieunes filles, qui etoientamoureufesdelui, vn iour, fe baignât dans vne fonreine,fut tellemct épris de l’amour de Coi- mef- me, qu’il en mourut. Voi le troifiéme de la Metamor,

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