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MVRET.

Estant le tans.) Caflandre fille a Priam fut prophète. Il dit que là Caflandre l'eft aufsi,& qu'elle lui a défia pré- dit tous fes malheurs. Fleuriront. )Deuicdront bl an- ches, & chenues. Ainfi liions nous (buuét aus vieus Ro mans,la barbe fleurie , pour la barbe blanche, binant

  • 0»/ô*r.)Tu mourras, dcuâc que le cours naturel de vie

Ibitacompli. Entondtfa fifre.) En tô malleur. Ira ma deJHnée.)Ü fcmblera,que iene foi’ néê, que pour te re- tire malheureus. Tes ne»etu.)Ccus qui viédront f apre» toi. Il prend neueus pour ce que lesLatins appellct,ne- potes. Tubaftirat. jC’eft a dire, tu perdras ton tans. La Nymphe qui m'affoüe. )Qui me réd fol. PourftelUr.) Pour côfermer. D'yn dextre efclair. )On penfbit ancic- nement.que les foudres & les efclairs du coftd gauche fuflênt fignes & prefàges de bôheur , & ceus du côte droit, de malheur . Telle étoit l’opiniô des Latins , car les Grecs au rebours penfoient ceus du côté droit eftre heureus,& les autres malheureus.


Je voudroi bien richement jaunissant
En pluïe d’or goute à goute descendre
Dans le beau sein de ma belle Cassandre,
Lors qu’en ses yeus le somme va glissant.

Je voudroi bien en toreau blandissant
Me transformer pour finement la prendre,
Quand elle va par l’herbe la plus tendre
Seule a l’escart mile fleurs ravissant.

Je voudroi bien affin d’aiser ma peine
Estre un Narcisse, & elle une fontaine
Pour m’i plonger une nuit à sejour :

Et voudroi bien que cette nuit encore
Durât tousjours sans que jamais l’Aurore
D’un front nouveau nous r’allumât le jour.