Page:Ronsard - Les Amours, 1553.djvu/46

Cette page n’a pas encore été corrigée


B que hegli occhi,ch'i corfanno fmalti,

P ojfenti d rifchiarar abijfo e notti,

B torre l’aime a cor pi, e darle altrui,

Coldtr pien d'mtelletti dolci & alti ,

Con i foftirfeauemente rotti ,

Z3a qucjlt magi transformatofuL yn or, ) Vnc cheuelure. Vn ri * qui lame.) Les gentils efprits,par la beauté des chofe s inferieures, font émeus a con templer & imaginer la beauté des chofes celeftes & diuines. Ainfi dit il, que le ris de fa dame , achemine ausaftresl’amedeceus qui la regardent. Demefine a dit Pétrarque,

Centil mia donna yeggio

Nel muouer de yoftr occhi yn dolce lume ,

Cbemi mofira la yia qu* al ciel conduce.

  • Auec yn chant ojfnfe,)lnterrùpaAl veut dire que Caf-

fandre en chantant, par fois rioit, par fois'gemi(lbit,ce qui aioutoit encore plus de grâce a fon chant.


Avant le tans tes temples fleuriront,
De peu de jours ta fin sera bornée,
Avant ton soir de clorra ta journée,
Trahis d'espoir tes pensers periront.
Sans me flechir tes écris flétriront,
En ton desastre ira ma destinée,
Ta mort sera pour m'amour terminée,
De tes soupirs tes neveus se riront.
Tu seras fait d'un vulgaire la fable,
Tu batiras sur l'incertain du sable,
Et vainement tu peindras dans les cieus:
Ainsi disoit la Nymphe qui m'afolle,
Lors que le ciel pour séeller sa parolle
D'un dextre ésclair fut presage à mes yeus.