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He qu’a bon droit les Charites d’Homere
Un fait soudain comparent au penser,
Qui parmi l’aer sauroit bien devancer
Le Chevalier qui tua la Chimere.

Si tôt que lui une nef passagere
De mer en mer ne pourroit s’élancer,
Ni par les chams ne le sauroit lasser,
Du faus & vrai la pronte messagere.

Le vent Borée ignorant le repos,
Conceut le mien, qui vite & qui dispos,
Et dans le ciel, & par la mer encore,

Et sur les chams, fait aelé belliqueur,
Comme un Zethes, s’envole apres mon coeur,
Qu’une Harpie humainement devore.

M V R E T.

jj e qu'a bon droit .) Homère quand il veut dire quelque chofè cftrc faitte foudainemen t,vfe fouutt de ces mots, 2s t vin/M i,c*eft a dire , aufsi tôt que le penfer : laquelle comparaifbneftfortloucede l’auteur en ce lieu, ou il affemble encor’beaucoup d’autres chofes,pour môtrer combien le penfer eft foudain . U rient apres a parler du fîen particulièrement, duquel pour fîgnifîer la gra- de vitefle,il le dit auoir efte conceu du vent Borée.Dic d’auantage que fon penfer court perpetuclemct, après fa dame, pour deliurer fem cœur, qu’elle deuore. Les Charités d'liomere,)Lcs Grâces d’Homere c'eft a 'dire, Homere mefmes. Le cheualier qui tua la Cbimere.')

Bellorophon qui domta le cheual volât,Pegafe, parla bride que Pallas lui aporra du ciel,côme raconte Pin. dare aus Oly mpies , & l’auteur au premier des Odes, la fable eft telle. Bellerophon fils de Neptune (bien qu’on l’eftimaft fils de Glauque roi d’Ephyre ) ieunc prince,acôph de tous poins, cftât a la court de Prœte