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jQj£en U plus faire vérité,

Scait,que l’efloir de nôtre vie M’est rien que pure vanité.

Tandis que la crefie touuanee La fleur des beaus ans nous produit. Jamais le teune enfant ne pence la vieilleffe qui le fuit:

Me taman l'homme heureus n’eflerc De fe veoir tumber en mechef,

Smon alors que la mifere la ia lut pend dejfus le chef.

Homme chétif cr miferable , Miferable,Cr nefcai tu pas Que la ieunejfe efl peu durable.

Et que la mort guide nos pasf Et que nôtre fangeufe mace sitofl feuanomt en rien,

Qtga grand’ peine auonsnout l’efiace D’aprendre le mal cr le bien ?

De tous côtés la parque noire Deuant le tans flllant nos y eus, Maugré nous,nous enuoie boire Lesflosdu lac obliuieus:

Mefmes les R^is fi crains en guerre Dépouillés de veines & d’os,

Comme nous viendront fous la terre Deuant le trône de MÎnos.

C’efl pitié que de nôtre vie :

T ar les eausL'auare marchant Se voit fa chere ame rouie.