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DE P. DE RONSARD. Itf

Puis que Ion voit tant d'horribles planètes Nom menacer.’puis qu'au milieu de l'ar On voit Ji dru tant de fiâmes voler ,

Puis trébucher deghjjddes roulantes:

Puis que Ion oit tant d' H ecates hurlantes,

T outes les nuis , remplir de Ions abois Les carrefours: & tant d'errantes vois En cris aiqus fe pleindre es Cimeteres:

Puis que Ion vott tant d'espris Joliteres Nous efiroier,çr qu'on oit tant d'oifeaus Diuinement reiargonner les maus,

Que doit Joufi'ir nôtre Europe mutine Par l’ Etranger, qui défia la mdtine:

Parton, Muret, alon chercher ailleurs Vn ciel meilleur,^ d'autres chams meilleurs: Laijfon, Muret, ans Tygres effroiables,

Et aus lions ces terres miferables:

F uionfuion, quelque part ou les pies.

Ou les bateaus dextrement déliés Nous conduiront. Mais anant que de mettre La voile au vent, il te faudra promettre De ne vouloir en France reuenir, lufques a tant qu'on voie deuenir Le More blanc, cr le François encore Se b afanant, prendre le teint d'vn More:

Tant que Ion voie en vn mefme troupeau Errer amis le lion, er l'aigneau.

Donc fi ton cœur trejfaute d'vne enuie De bienheurer le re fie de ta vie.