Page:Ronsard - Les Amours, 1553.djvu/281

Cette page n’a pas encore été corrigée


Le Marinier ne conte tant de flos,
Quand plus Borée horrible son haleine,
Ni de sablons l'Afrique n'est si pleine,
Que de tourmens dans mon coeur sont enclos.

J'ai tant de mal, qu'il me prendroit envie
Cent fois le jour de me trancher la vie
Minant le fort où loge ma langueur,

Si ce n'estoit que je tremble de creinte
Qu'apres la mort ne fust la plaie eteinte
Du coup mortel qui m'est si dous au coeur.

I I M v R s 'r.

«lin: le: M1311 dit,quc 1e printans lui rcnonuelle fa douleur: a: qu’il (en: vn f‍i grand nombre de maut, que cent fois 1c iour il lui prendrox't :nuxe de fe tuer , n’étoit qu’il craint,un la mon mefme ne puiife mette f‍in a û peine. Erinmner. cherdir. Horrible . Horri- bler,eû rendre horrible. Mot inücnté par l'auteur . 1l cn' a vŒ auüi en l’Odç de la pais. I’Af‍iiyuc. Laquelle cit toutefois merueilleulèmcnè f‍iblonneufc Canule;

Æ»; magma nm L153”: 4mn Laferpirif‍irh inca Cynu'o.

Si blond, si beau, comme est une toison
Qui mon dueil tüe, & mon plaisir renforce,
Ne fut onq l’or, que les toreaus par force,
Au champ de Mars donnerent à Jason.

De ceus qui Tyr ont éleu pour maison,
Si fine soïe en leurs mains ne fut torse:
Ni mousse encor ne revestit écorse
Si tendre qu’elle en la prime saison.