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rn nombre infini de fingulieres beautds,deiquelles apres tour a vn coup elle l’orna . Dit d’auârage.qu’A- mour lui mift dans l’oeil, tout ce qu'il auoitdebcaui de charte, d’honefte:tellemcnt qu’elle eliant encores au ciel èmouuoit a ion amour les dieus . Aprc^ defccn due du ciel en terre, rauift tellement l’efprit du Tocte, qu’il eft impofsible, queiamaisil mette ftpenfifeen vn autre. itla yi ) C’eft vne allufion a la dc-

uife du Poète pnnfe de Theocrite, qui eft , Le i<tov,ue SjuavMv: C’ertadire, que des la première fois, qu’iivic Cafi'andre,il deuint infenfc de fon amour.


Dans le serain de sa jumelle flame
Je vis Amour, qui son arc débandoit,
Et sus mon coeur le brandon épandoit,
Qui des plus frois les moüelles enflame.

Puis ça puis la pres les yeus de ma dame
Entre cent fleurs un ret d’or me tendoit,
Qui tout crespu blondement descendoit
A flos ondés pour enlasser mon ame.

Qu’eussaï-je, fait? l’Archer étoit si dous,
Si dous son feu, si dous l’or de ses nous,
Qu’en leurs filés, encore je m’oublie:

Mais cet oubli ne me tourmente point,
Tant doucement le dous Archer me point,
Le feu me brûle, & l’or crespe me lie.


MVRET.

Dans le [train) Il pourfuit a raconter comment il fut furpris rdifant qu’il vit Amour dans lesyeus de Caf- fandre, desbendant fon arc contre luy , epandant cet

b.tj.