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Amour fe veut JTTpurer de i’elpncüvn *ic fon eft telement captiuée par les afife£Uons,qu peut aucunement refifter. &fclaue,)Ccrf. flanc, j Combien que le flanc, le cœur, le foie , les poumons, les moücles font partics,commc chacun fait, bien dhit- ferentes:fi eft- ce que les Poètes vfent prefque mdiftc- remment de ces mots la,pour dire l’ame, ou l’cfprit.


Nature ornant la dame qui devoit
De sa douceur forcer les plus rebelles,
Lui fit present des beautés les plus belles
Que des mille ans en épargne elle avoit.

Tout ce qu’Amour avarement couvoit
De beau, de chaste, & d’honneur sous ses aeles,
Emmïélla les graces immortelles
De son bel œil, qui les dieus émouvoit.

Du ciel a peine elle étoit descendue,
Quand je la vi, quand mon ame éperdue
En devint folle, & d’un si poignant trait

Le fier destin l’engrava dans mon ame,
Que vif ne mort jamais d’une autre dame
Empraint au coeur je n’aurai le portrait.


MVRET.

Nature ornant )I1 faint, peur amplifier la beautd de la dame, que Nature épargna par l’elpace de mille ans