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Car ce bel œil, qui force ma nature,
D'un si long jeun m'a tant fait épâmer,
Que je ne puis ma faim desaffamer,
Qu'au seul regard d'une vaine peinture.

Plus je la voi, moins souler je m'en puis,
Un vrai Narcisse en misere je suis :
Hé, qu'Amour est une cruelle chose !

Je conoi bien qu'il me fera mourir,
Et si ne puis ma douleur secourir,
Tant j'ai sa peste en mes veines enclose.

MVRET. 4

De cm: Jeun.) L'argument n‘a point de dif‍iculaù

Fielkvfe,)Amcrc,commef‍iel. {ifs-mûef‍i vneef- pecc de poifon. D'une niupeimn,) D'un portrait. duquel i’ai parlé dcuanr. Va mi Namf‍lèù Carie me confume au regard d'une peinmref‍iommevil fe conf‍li— ma voîant l'on image dans la fonteine . I'ûnconté la fable de Narcif‍l'e, au Sonet qui f: commence, levu- Jm bien. Epim. Rendu maigre 8: debile.


Que làchement vous me trompés mes yeus,
Enamourés d'une figure vaine !
O nouveauté d'une cruelle peine,
O fier destin, ô malice des cieus.

Faut- il que moi de moimesme envieus,
Pour aimer trop les eaus d'une fontaine,
Je brule apres une image incertaine,
Qui pour ma mort m'accompaigne en tous lieus ?

Et quoi, faut- il que le vain de ma face,
De membre à membre amenuiser me face,
Comme une cire aus rais de la chaleur ?