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Annette avait décidé, avec Assia, que Marc reposerait, non à Paris, mais dans le cimetière d’un petit village près de l’Yvette où le jeune couple avait passé des jours sacrés, après le retour des deux enfants prodigues au foyer… Bien peu de jours ! moins d’une huitaine… (on ne pouvait s’accorder de congé !…) mais hors du temps !… — Marc en avait exprimé le vœu, devant Assia et devant sa mère, sans bien songer à la réalisation. Mais Annette et Assia s’étaient trouvées d’accord, pour donner à leur chéri cette dernière satisfaction : (c’étaient à elles qu’elles la donnaient). Cela n’allait point sans de nombreuses formalités. Mais George, avertie, et son père firent rapidement le nécessaire. Annette et George allèrent retirer le corps au dépôt de la gare et l’embarquer pour son ultime destination… Mais pour l’escorter, Annette resta seule.

Elle avait, le matin, examiné soigneusement sa sœur, et décidé que Sylvie ne sortirait plus de son lit, jusqu’à ce que son état fût amélioré. Sylvie avait voulu se révolter. Mais, plus que la volonté d’Annette, la fit plier l’affection qu’elle lisait en elle et la prière instante que ses yeux lui adressaient. Non, elle n’avait pas le