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le latin de Linné ne laisse-t-il plus d’intervalle aux communications de la bonhomie et de l’amitié ? Adieu, si cet oremus vous fait répondre amen, nous pourrons recommencer ; en attendant, recevez les embrassements du petit ménage.

Eudora est grande, avec de beaux chevaux blonds qui tombent en boucles naturelles sur ses épaules, des cils bien bruns entourent ses yeux gris, et son petit nez, un peu relevé, sent déjà l’agacerie.


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[À BOSC, À PARIS[1].]
[Premiers jours de septembre 1789, — du Clos.]

Sachez un peu ce que sont ce Roland et son ouvrage[2]. Quant au nôtre, croyez-vous qu’il soit temps d’offrir ce qui ne regarde que les manufactures et le commerce ? Que vous en semble ? Et puis, voulez-vous dire le travail encyclopédique, ou seulement un mémoire (dont

  1. Collection Alfred Morrison, 1 folio. — La lettre qui semble bien écrite du Clos, porte le timbre de Villefranche, et a pour suscription : « À Monsieur d’Antic, secrétaire de l’Intendance des postes, à Paris. »
  2. Cette ligne nous donne la date approximative de la lettre. Le Patriote du 31 août, rendant compte de sa séance (du soir) de l’Assemblé du 27, disait : « Sur la réclamation d’un membre des Communes, le Président a annoncé que les exemplaires d’un ouvrage, ayant pour titre Le Financier patriote, seraient incessamment distribués à l’Assemblée. Cet ouvrage avait été précédemment adressé de Londres à chacun des trois ordres par M. Roland, qui en est l’auteur. Il a été présenté comme contenant des observations curieuse sur les finances du royaume et l’administration des contrôleurs généraux précédents. » — C’est à propos de cette information que Madame Roland demande à Bosc des renseignements plus complets.

    On voit d’ailleurs par là que Jean-Marie Roland n’est pas l’auteur du Financier patriote, que la plupart des biographes et bibliographes (voir en particulier Quérard, France littéraire, VIII, 122) lui ont attribué. Cet ouvrage est de Charles-Nicolas Roland « ci-devant receveur des tailles de l’élection de Chartres, employé au contrôle général des finances. » (Hatin, Bibliogr., p. 1789), qui fut plus tard, en 1792 et 1793, commissaire à la surveillance de la Commune (Tuetey, IV, 274-276).