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Adieu, adieu ; je ne sais plus écrire quand je dois causer. Nous vous embrassons de tout cœur.


411

[À BOSC, À PARIS[1].]
[Fin de février 1791, — de Paris.]

Je suis depuis hier dans une émotion telle que vous pouvez vous la représenter ; j’ai été voir le brave Petion, mon ami y est allé à son tour. Ô Liberté ! ce ne sera pas en vain que de généreux citoyens se seront dévoués à ta défense[2] !

J’ignorais ce que vous me dites ; mais, si c’est ainsi, chacun fera son devoir.


412

[À BOSC. À PARIS[3].]
[1er mars 1791, — de Paris.]

Vous m’avez fait passer la lettre de Bancal ; c’est très bien, mais quand est-ce que vous viendrez me voir vous-même avec la liberté d’un ami ?

J’entre en ménage aujourd’hui, je serais enchantée que vous vinssiez me demander à dîner et je ne mets à mon invitation que l’espèce de discrétion qui accompagne le sentiment d’un plaisir qu’on demande.

  1. Collection Alfred Morrison.
  2. Les Roland étaient arrivés à Paris le 20 février 1791 et s’étaient installés, ainsi que nous l’avons dit, à l’Hôtel Britannique, rue Guénégaud (Mém., I, 54, 164). Un de leurs premiers soins fut de voir Brissot, avec lequel ils correspondaient depuis plusieurs années sans le connaître, et c’est Brissot qui les conduisit chez Pétion (ibid, I, 54, 57).

    Madame Roland, en ce passage de ses Mémoires, dit qu’elle n’avait pas vu son pays depuis cinq ans. Cela supposerait qu’elle y serait allés en 1786, voyage dont nous ne trouvons aucune trace. Nous croyons qu’elle n’avait pas revu Paris depuis qu’elle l’avait quitté en septembre 1784, et que, par une distraction dont elle n’est pas coutumière, elle a écrit cinq ans pour sept ans.

  3. Collection Alfred Morrison.