Page:Roches - Oeuvres.djvu/44

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
33
DE M. DES ROCHES.

Les legitimes Rois ſont enuoyez des Cieux
Pour Lieutenans de Dieu, en ſûpreme puiſſance :
Ils ioignent la rigueur à la douce clemence,
Car la ſaincte Iuſtice eſt mignonne des Dieux.
Sire, le tige ſainct des antiques ayeux,
Qui vous ont miſe au chef la couronne de France.
Ont tenu l’un & l’autre en egale balance,
Et ieune vous paſſez l’honneur des ſiecles vieux.
Voſtre effigie entr’eux n’a point trouué de place
Au Palais de Paris : la vertu & la grace.
Vous ont plus qu’à eux tous d’heur & bõneur promis.
C’eſt qu’apres voz ans vieux Dieu prenant l’ame inſigne,
Voſtre corps dãs le Ciel ſera faict nouueau ſigne,
Et ſur les ſaincts autels voz portraicts ſeront mis.


Le debord des ruiſſeaux dont le mont Pyrence
Feit iadis denommer la gentille Aquitaine,
Predit l’euenement des mutins de Guienne,
Et que Saturne & Mars regiroient ſur l’année.
Sacrileges, larrons nous ont la loy donnee
Sous le pretexte faux d’vne opinion vaine,
Orleans, Tours, & Blois, ſont cauſes de la peine,
Dont ma pauure Cité ſe pleint mal fortunee.
Ce n’eſt le Biſantin, l’Eſpaignol, ou Romain
Ce n’eſt pas l’Eſcoſſois, l’Anglois, ou le Germain
Qui nous ont mis au ſac, cauſe de tant de plaintes.
C’eſt le mutin François qui a faict le deroy
Ne craignant d’offencer un ieune & iuſte Roy,
Apres auoir polu toutes les choſes ſainctes.