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la plage de kernoël.


vi

Le Parc national d’Armorique barré à l’industrie et interdit aux innovations de la science. — Une diligence ! — La vie d’autrefois dans le décor de jadis. — L’auberge du grand Saint-Yves, à Kernoël. — Où se découvre un nouveau Sulfatin.

Les vagues de l’Océan battent doucement en caresse le sable étincelant et doré d’une crique étroite, bordée de belles roches, escarpées par endroits, sur lesquelles se mamelonnent des masses de verdures suspendues parfois jusqu’au-dessus des flots. Il fait beau, tout sourit aujourd’hui, le soleil brille, le murmure du flot, comme une douce et lente chanson, s’élève parmi les roches où l’écume floconne.

Au fond de la crique, près de quelques barques hissées sur la grève, se voient quelques vieilles maisons de pêcheurs, couvertes d’un chaume roux, par-dessus lesquelles, au sommet de l’escarpement rocheux, trois ou quatre menhirs, fantômes des temps lointains, dressent dans le ciel leurs têtes grises et moussues. Au loin, sur le bord d’une petite rivière capricieuse et cascadante, un gros bourg cache à demi ses maisons sous les ombrages des chênes, des aulnes et des châtaigniers que perce une belle flèche d’église, élancée et ajourée. Un calme profond règne sur la région tout entière ; d’un bout de l’horizon à l’autre, aussi loin que l’œil