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du depart de nos Vaisseaux craignant que lon ne Leur Tombe Sur Le Corps s’en seront retournez sans avoir ozé rien antreprendre ; Jay fait avertir ses habitans pour quils se tiennent Sur Leur Garde pour Le printems prochain ; Je ne puis Monseigneur m’Empecher de me plaindre de ce que monsieur Deganne ne ma pas Ecrit vn mot pour m’accuzer La Réception des ordres que je luy avez Envoyé ayant Eu deux occasions pour Le faire ; monsieur de St. Agnes qui a Eté fait Enseigne en Second cette année m’écrivit par vne de ses voitures pour me marquer que monsieur Duvivier Luy avoit Refuzé de le faire recevoir mais aprés son depart qu’il L’avoit demandé a monsieur Deganne et quil Luy avoit accordé ; Monsieur Duvivier avoit raison de ne pas le faire n’en ayant point L’ordre, Joint a ce que dans ce détachement Les deux Cadets anciens de monsieur St. agnes y Etoit a qui il ne Convenoit pas de donner ce desagrement pendant Le Tems de Leur Campagne, il y avoit d’ailleurs vn nombre suffisant d’officiers, monsieur Deganne n’auroit pas deu Le faire non plus ; Le L’andemin de L’arrivée de monsieur Deganne il me demanda de faire assembler Les officiers pour Le Justiffier ce qui feut fait mais non pas pour sa Justiffication Les points Les plus Essanciels étoit a decouvert, il ne peut S’Empecher de Les avouer, il voulut Se Retrancher Sur un Certifficat qu’il avoit fait signer apartie des officiers au Beaubassin après avoir receu La Lettre que je luy Ecrivis pour reprimer sa mauvaise Conduitte ; comme setoit Luy qui Le Lisoit il ne parla point de La datte Le grand Bruit quil fesoit Empêcha Les officiers d’Expliquer Le Sens dans Lequel ils avoit signé Le Pretendu Certifficat au reste je ne pouvois pour ainsy dire faire parler Les officiers ils gardoit vn profond silence, et sur des fets qui Setoit passés entre monsieur Duvivier et Luy ; il Les Nioit, mais comme monsieur Duvivier donnoit Connoissance de ce quil se passoit qui devoit Etre Secrait tant par raport aux sauvages qu’Eaux habitans ; a monsieur Maillard missionnaire ; monsieur Duvivier demandoit a mondit sieur Maillard si dans le moment des Conversations particulieres quil avoit avec monsieur Deganne il ne Luy rendoit pas Les choses Telles quil luy disoit aujourd’huy avec La Raison pour Les qu’elles il agissoit avec Tant de douceur il répondit que tout ce que Monsieur Duvivier disoit Etoit mot pour mot ; Je pencé qu’il netoit pas necessaire d’en Entendre d’avantage ; Le Landemain monsieur Duvivier me demanda de faire Rassembler Les officiers, je luy dis que ce netoit pas necessaire, il men pria absolument en me disant quil avoit fait Reflection et quil avoit pencé qu’un homme qui Etoit dans le Cas denier pour se decharger s’il pouvoit au depends d’un autre ne meritoit pas detre Epargné, quil voulait prouver L’abondance des vivres dans Le port royal qu’on aportoit au Camp Lorsqu’il fesoit retirer Les Trouppes honteusement et cy vitte que partie de scs habitans ne pouvoit Les Joindre pour Les Remettre ; Je fis dire a Lordre aux officiers de ce rasembler Le Landemin chez monsieur Bigot tous se si trouvèrent à L’Exception de monsieur Deganne qui feignit detre malade d’me douleur de Jenoux dont il n’est poînt Encore guéry, il m’a fait demander La permission de passer en france pour aller prendre Les Eaux et me fit présenter vn Certifficat du chirurgien major, Je n’ay pas cru devoir Luy accorder, une maladie de deux jours ne me paroissoit pas dans Le Cas de ne pas