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CHAPITRE DOUZIÈME


Autres événements de la guerre. (1744-1748). — Projets iniques de Shirley à l’égard des Acadiens. — Alarmes que ceux-ci en conçoivent. — Lettre de ce gouverneur répudiant les projets qu’on lui prête. — Cette lettre n’est pas jugée de nature à calmer les appréhensions des habitants. — Après s’être muni de l’autorisation du Secrétaire d’État, Shirley lance une proclamation aux Acadiens. — Sa correspondance avec le Duc de Newcastle. — Proclamation du commandant français aux Acadiens. — Fermeté de ces derniers.


En d’autres circonstances de cette guerre, qui a duré de 1744 à 1748, la loyauté acadienne a eu l’occasion de se manifester avec un éclat qui ajoute encore à son mérite.

Si Mascarène n’avait pas eu à subir l’ingérence de Shirley [1], gouverneur du Massachusetts, dans les affaires de la

  1. William Shirley naquit en Angleterre vers 1693. Il était avocat, et pratiquait à Londres. Vers 1735 ou 1736, il émigra à Boston avec sa famille, et continua d’y exercer sa profession jusqu’en 1741, où il y fut nommé gouv. du Massachusetts. En 1745, il conçut le plan d’une expédition contre Louisbourg, et fut nommé à cette occasion colonel d’infanterie. En 1755, il fut promu au rang de major-général dans l’armée anglaise, avec la surintendance des opérations militaires dans les colonies du nord, et devint commandant-en-chef, pour une courte période, après la mort du gén. Braddock. Ayant échoué dans l’organisation d’une expédition contre Niagara, en 1756, il perdit son commandement et fut mandé en Angleterre où l’attendait une froide réception. Il réussit cependant à se disculper, et publia à cette fin de nombreux pamphlets. En 1759, il fut fait lieut.-général, et obtint le commandement des Îles Bahamas, où il eût pour successeur son fils Thomas. Il retourna finalement dans le Massachusetts, et mourut à sa résidence, près de Roxbury, en 1771 ; ses restes furent inhumés, avec tous les honneurs militaires, à l’ombre de la King’s Chapel. Cette église subsiste toujours, dans la rue Tremont, à Boston, avec son cimetière attenant. Voici le commencement de l’inscription que l’on lit sur la porte du cimetière :