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da ? N’eut-il pas mieux valu cent fois donner les pièces exposant les faits tels qu’ils se sont passés que d’imprimer une lettre qui n’a, dans l’espèce, aucune importance ? Ce n’est pas sur les calculs ni les conjectures de celui-ci ou de celui-là que l’on bâtit l’histoire, mais sur le réel. Aux yeux du compilateur, le document en question émettait des doutes sérieux sur la fidélité des Acadiens envers le gouvernement anglais et donnait comme général leur désir de retourner à la France. C’est là l’unique raison pour laquelle il lui a donné une place dans son travail [1].

Comme le prouvent surabondamment les citations ci-dessus transcrites, les craintes des Anglais aussi bien que les espérances des Français ne reposaient sur aucun fondement sérieux. La guerre avait soumis la loyauté acadienne à une épreuve telle que l’on pouvait en tirer la mesure de ce que ce peuple donnerait, s’il était traité avec équité : « Quand nous considérons tout ce qui s’est passé, a dit B. Murdoch, dans une sorte de résumé des événements, nous voyons plus clai-

  1. Charles, marquis de Beauharnois, succéda à M. de Vaudreuil comme gouverneur du Canada, en 1726. Envoya une expédition contre les Outagamis en 1728 ; s’opposa aux empiétements des Anglais dans la région des grands Lacs ; interdit en 1728 toute intervention du conseil supérieur dans les affaires du clergé. D’où conflit qui se termina par le rappel de l’intendant Dupuy. En 1731, il envoya La Vérendrye à la découverte du N.-O. et de la mer de l’Ouest. Dès 1734, il exposait au ministre les mesures à prendre pour la défense du Canada. En 1740, il fit mettre les forts de Chambly, de St-Frédéric et de Niagara en état de défense. Il fut rappelé en France en 1746. Sous son administration eut lieu la découverte des Montagnes Rocheuses, en 1743. — Gilles Hocquart remplaça en 1729 M. d’Aigremont, mais n’eut le titre d’Intendant qu’en 1731. Il régla les poids et mesures, et travailla activement au développement de la colonie. Il fut remplacé par Bigot en 1748. — La lettre dont il est ici question est datée de Québec, 12 septembre 1745 ; Akins n’en donne qu’un assez court fragment ; B. Murdoch la reproduit beaucoup plus au long, au Tome II de son Hist. of N. S., Appendix to ch. VI, p. 79 et seq. — Cette lettre est tirée du vol. X des New York Documents (Dr O’Callaghan’s), pp. 4, 5,