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par les Canadiens que commandait de Ramesay. Pendant que ce dernier était à Beaubassin. Mascarène, après avoir ravitaillé Annapolis, fit occuper le quartier des Mines par un détachement de 470 hommes, commandés par le colonel Noble, du Massachusetts. Ce corps d’armée s’installa temporairement au village de Grand-Pré, dans les maisons des Acadiens. De Ramesay conçut le projet hardi de franchir à la raquette, avec ses hommes la longue distance qui le séparait de ce dernier endroit et de venir surprendre pendant la nuit les troupes anglaises : entreprise qui valut à ces Canadiens une gloire sans lendemain [1]. Ce fait eut lieu en janvier et février 1747.

  1. L’auteur passe bien rapidement sur ce fait d’armes, l’un des plus beaux de notre histoire. Nous renvoyons, pour plus de détails, son chapitre VII et VIII du vol. 5 de B. Murdoch, au ch. XXII de A half century on Conflict, et surtout aux pièces LXIV-LXV-LXVI des Doc. inéd. Can.-Français, tome II, p. 10 et suiv., que l’éditeur a accompagné de la note ci-dessous : « Les pièces qui suivent renferment le récit d’une des expéditions les plus audacieuses, et de l’un des faits les plus héroïques dont il nous fait mention dans les annales du Canada. Nous voulons parler de l’expédition et du combat des Mines. On vit 250 Canadiens partir au cœur d’hiver (janvier 1747), faire plus de soixante lieues en raquettes à travers les forêts, et venir attaquer, au village de la Grand-Prée, une troupe de plus de cinq cents anglo-américains cantonnée dans les maisons, dont l’une était en pierre et armée de canons. Après une lutte soutenue durant douze heures, une partie des ennemis fut tuée et un grand nombre fut prisonniers. La première des pièces que nous publions est le journal de M. de la Corne, second commandant de l’expédition, qui remplaça M. de Villiers dès le commencement de l’action, lorsque ce dernier fut blessé à la première attaque. La seconde pièce est le journal de M. de Beaujeu, le futur héros de la Monongahéla. Son récit est beaucoup plus long et beaucoup plus détaillé que celui de M. de la Corne. Nous y ajoutons une troisième pièce, où se trouve raconté un des hauts faits de cette glorieuse journée, accompli par un des officiers, M. de Lusignan lui-même. Ce fait est rapporté par l’évêque de Québec, Mgr de Pontbriand, dans une lettre au ministre. Enfin une quatrième vient de M. de Lusignan lui-même. » L’abbé H.R. Casgrain. Cf. Rameau. Pièces justificatives, 4e Série III.

    Le M. de Villiers, dont il est parlé ici est le célèbre Louis Coulon, le troisième sieur de Villiers, qui est passé dans l’histoire avec le surnom de « le Grand Vil-