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entente sur ce sujet scabreux, car il lui dit dans une autre lettre du 20 juillet de la même année : « J’ai reçu la vôtre, et je suis heureux de constater que ma lettre précédente a eu pour effet de vous rendre sensible aux conséquences désastreuses qui résulteraient si l’on faisait aller de pair le spirituel et le temporel… » Enfin, dans une troisième et dernière lettre, Mascarène informe M. Desenclaves de la situation en Europe, et l’avertit qu’au cas où la guerre éclaterait entre l’Angleterre et la France, les Acadiens et leurs prêtres se trouveraient exposés à de graves dangers : « Les affaires européennes sont très embrouillées ; et advenant une rupture entre la Grande-Bretagne et la France, les missionnaires seront tout naturellement tenus pour suspects : leur devoir est donc de montrer beaucoup de prudence et de circonspection dans leur conduite personnelle, ainsi qu’à l’égard des habitants français ; ils mèneraient en effet ceux-ci à une ruine certaine, s’ils leur donnaient le moindre encouragement à résister ou à désobéir aux ordres de ce gouvernement. »

Le 16 juin 1742, le même gouverneur écrivait à M. de la Gaudalie, grand-vicaire de la province : « Je vous ai trouvé,

    mentionne l’abbé Desenclaves : «  Desenclave the Priest, and the other Neutrals now prisoners with you… » Cette lettre est datée de Boston, 2 janvier 1759. (Cf. Akins, p. 305-6). — « L’abbé Casgrain, et avant lui, Thomas Akins, ont écrit que l’abbé Desenclaves, d’abord missionnaire du Port-Royal, puis du Cap-Sable, à l’époque de la descente de Prebble, avait été emmené prisonnier à Boston où il était resté deux ans, jusqu’en 1759. Ceci est manifestement une erreur. » Cf. Un Épisode du grand Dérangement, par Pascal Poirier, (Mém. de la S. R. D. C. vol. II, S. I., Ottawa, 1909). « M. Desenclaves (dit Rameau, Une Colonie, tome II, ch. XII, p. 76) fut un des missionnaires de l’Acadie qui se distinguèrent le plus par leurs travaux et leur dévouement ; au moment de la proscription, il suivit les Acadiens réfugiés dans les bois ; ils furent découverts et saisis avec lui, en 1756, dans les forêts du Cap Sable, à moitié morts de misère… » — Cf. B. Murdoch, vol. II, ch. 24-25.