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CHAPITRE NEUVIÈME


Difficultés d’Armstrong avec le clergé. — Le cas de l’abbé de Breslay, de l’abbé Isidore et de MM. de Chauvreulx et de St-Poncy. — Situation épineuse du clergé. — Son attitude.


Dans le chapitre précédent, il n’a été question que des difficultés que le gouverneur Armstrong eut avec ses officiers, son conseil, et des marchands d’Annapolis. Par ce que nous connaissons de son caractère, l’on peut bien penser qu’il ne manqua pas d’avoir également des démêlés avec les Acadiens et leurs prêtres. Chose étrange ! Ses démêlés avec les Acadiens furent peu nombreux et n’eurent trait qu’à la question du serment, avant qu’elle n’eût été réglée par Philipps, en 1730 : ce ne furent d’ailleurs que des vétilles dont nous ne croyons pas devoir entretenir le lecteur. Tout se borne à des plaintes aux Lords du commerce au sujet du serment qu’il exige des habitants français. Que si les faits mentionnés dans ces messages n’ont pas par eux-mêmes grande importance, les expressions dont Armstrong se sert pour les qualifier ont une énergie qui frise le ridicule : la conduite des Acadiens est trouvée insolente, leur résistance à ses volontés est flétrie comme impliquant une audace hors de pair…

C’est avec le clergé que ce gouverneur a eu le plus souvent maille à partir : s’il a laissé les Acadiens relativement tranquilles, il semble que ce ne fut que pour causer plus d’embarras à leurs missionnaires. Nous allons donc exami-