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devait appliquer les clauses de ce compromis qu’il les engageait à accepter, lui, leur gouverneur, qui s’obligeait à les traiter avec douceur, à les administrer comme un père ? Le Roi, d’ailleurs, était si bon, si généreux, c’était un bonheur, en même temps qu’un honneur, d’être sous sa tutelle ! Enfin, il parla si bien qu’il leur persuada de leur envoyer des délégués, avec lesquels il conféra à diverses reprises, et il parvint à organiser une sorte de réunion générale de tous les chefs de famille de la rivière d’Annapolis [1].

« Ici se joua une fourberie de haute volée, dont voici le récit rédigé par Armstrong lui-même dans son rapport officiel [2]. Étant venu dans cette réunion avec tous les membres du conseil, il en prit la présidence et parla aux Acadiens dans ces termes : « Je suis heureux, leur dit-il, de vous voir réunis ici, et j’espère que vous comprenez les avantages

  1. « At a council held at the Hon. L. Armstrong’s housw, etc., on Wednesday the 21st of September 1726… Then, (the lt-gov.) acquainted the Board that he had appointed the Deputies of the French inhabitants to meet him here this day, and that he had a mind to propose to them the taking the Oaths to His Majesty King George, which being judged very necessary that they either should, or begone out of the Province, the said Deputies who were attending were called in and the question put accordingly.

    Which being done, the said Deputies seemed satisfied, but desired a Copy of said Oath, that they might communicate the same to the inhabitants, which being ordered to be given them, His Honor appointed Sunday the 25th instant, for their making an answer. »

    Nova Scotia Doc., pp. 65-66.

  2. Ce rapport, est contenu en entier dans les Nova Scotia Doc., pp. 66-67. Casgrain (Pèlerinage, etc., pp. 68 et seq.) le traduit en partie et fait du reste une analyse parfaite. Son récit débute ainsi : « Enfin, le dimanche 25 septembre 1726, son rêve (de Armstrong) commença à se réaliser. Il se frottait les mains de joie, en se rendant, dans l’après-midi de ce jour-là, à la séance du Conseil. Le drapeau britannique flottait au-dessus du bastion où se tenaient les assemblées. La séance s’ouvrit sous sa présidence, en présence des députes acadiens et d’un grand nombre d’habitants. Ce fut alors une scène vraiment