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Mais quoi ! Au dire du même historien, Vetch, Nicholson, Caulfield et Doucett, ont employé tous les moyens possibles pour empêcher le départ des Acadiens, — et ce sont maintenant d’après lui, les Acadiens qui ne veulent pas s’en aller ! Il y a là une contradiction que nous ne nous chargerons pas de concilier. Continuons la citation : « En l’année 1720, le général Richard Philipps lança une proclamation ordonnant aux Acadiens de prêter allégeance au roi Georges ou de quitter la province, sans emporter leurs effets, dans un délai de quatre mois. Grandement alarmés, les habitants recoururent à leurs prêtres, et supplièrent le Père Justinien, Récollet, Curé des Mines, de demander avis et secours à M. de St-Ovide, successeur de Costebelle à Louisbourg, protestant qu’ils étaient prêts à tout abandonner plutôt que de renoncer à leur religion et à leur roi. Sur les entrefaites, ils prirent leurs dispositions pour émigrer en masse par la voie du détroit et de Baie Verte, — par où il eut été impossible de les en empêcher, where it would have been impossible to stop them [1]. »

Si Parkman n’a pas vu les antinomies dont fourmille ce neuvième chapitre de son ouvrage Half-Century of Conflict, c’est qu’il avait un pauvre jugement. Mais ce tissu de contradictions ne peut échapper au lecteur impartial ni à tout homme de science. Ah ! les Acadiens voulaient bien partir, — tous les documents nous le prouvent, et l’historien américain, au risque de se donner un éclatant démenti, l’admet ; — mais, ce que Parkman ne dit pas, et ce qui est essentiel dans l’espèce, c’est que ce départ fut entravé en dernier ressort par le gouverneur Philipps qui défendit aux habitants de percer une route entre les Mines et Annapolis, enjoignant

  1. Id. Ibidem.