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des Secours essentiels a leur transmigration que par les obstacles que les Gouverneurs generaux et particuliers qui vous ont précédé y ont mis.

« Je ne puis non plus me dispenser, Monsieur, de vous exposer que les deux clauses de vostre Proclamation qui concernent le terme, et les circonstances de leur Evacuation me paroissent peu conformes aux assurances de bien veillance qu’ils auoient de la part de la Cour d’Angleterre surtout après un Traitté et une Convention de bonne foy entre la feu Reyne Anne et le Roy Louis quatorze de glorieuses mémoire, Traitté qui a esté exécuté en Entier de la part de la France et en partie de la part de l’Angleterre.

« Vous n’Ignorez pas Monsieur que par cette convention Le sort des Habitants de l’Accadie étoit et deuoit être le même que celuy des habitants de Plaisance. On ne peut rien ajouter à la gracieuseté et a la bonne Foy avec laquelle cest Traittée cette Evacuation et j’auray l’honneur de vous representer que rien ne pourroit estre de plus dur que l’Extremité ou pour mieux dire l’Impossibilité à laquelle se trouveroient réduits ces pauvres Peuples Si vous ne vouliez vous relacher en rien du temps que vous leurs accordez et de la manière dont vous Exigez leur sortie.

« En vérité, Monsieur, ce seroit leur faire sentir bien foiblement les effects de la bienveillance Royalle du Roy vostre Maistre que vous leur faites valoir avec tant et de si justes Tiltres dans votre Proclamation et dont Ils auoient de si heureux préjugez par le Traitté et la Convention dont vous ne pouvez ignorer ni les clauses ny le poids.

« Je suis persuadé, Monsieur, qu’en considération de cette sincere indissoluble et inviolable Union qui se trouve entre les Rois nos maîtres et leurs Etats, vous ne refuserez pas L’attention convenable a La représentation que j’ay