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D’ailleurs, peut-on supposer raisonnablement que les Français, qui avaient tout intérêt à ce que cette transmigration eut lieu, eussent négligé d’envoyer des vaisseaux à cette fin ? Les documents officiels de l’époque, tels que le compte rendu de tous les points discutés entre de la Ronde et de Pensens d’un côté, et Nicholson de l’autre, et aussi le rapport au gouverneur de Louisbourg, et le rapport de celui-ci au gouvernement français, en parleraient. Dans le cas même où il serait vrai que les Français n’eussent pas voulu ou eussent été empêchés de fournir des bateaux de transport, comme les Acadiens s’en étaient construits eux-mêmes, pourquoi leur a-t-on refusé de s’en servir ? Et pour quelle raison leur fut-il interdit de se procurer des apparaux à Louisbourg et même à Boston ?

L’opinion émise par Akins est si absurde qu’elle porte en soi sa réfutation. Comme personne avant lui ne s’était avisé d’énoncer une pareille sottise, l’on ne peut s’attendre à trouver nulle part de discussion qui la contredise direc-

    induire le gouverneur anglais à traiter ces colons avec justice et impartialité. Comme M. Nicholson a été rappelé et que M. Vetch lui succède, je crains que ce dernier ne soit pas mieux disposé, car il a déjà donné des preuves, quand il était en Acadie, de mauvaise volonté et de haine à leur égard. Il est nécessaire que vous me teniez informé de tout ce qui se passera à leur sujet. Je reconnais avec vous que, dans l’état des choses, la meilleure solution serait d’envoyer directement un vaisseau du Roi en Acadie pour en tirer les colons. Si l’information que vous m’avez fait parvenir sur ce point par le Sieur de la Ronde me fut arrivée plus tôt, des mesures auraient pu être prises à temps pour effectuer ce plan ; mais la permission que Sa Majesté a chargé M. d’Iberville de solliciter de l’Angleterre, ne sera pas, j’ai peur, très vite accordée, et nous la recevrons probablement trop tard pour qu’un navire puisse être dépêché cette année-ci. Dans ces circonstances, voyez ce que vous pourrez faire vous-mêmes, en vous servant de la frégate Le Samslack et du vaisseau marchand La Charente que Sa Majesté dirige sur Port-Royal, tâchant d’agir en conformité avec les vues du gouverneur… Sa Majesté aurait très bien pu se décider à envoyer un vaisseau directement en Acadie, mais Elle a pensé qu’il valait mieux en deman-