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à la page 265 de son livre, quand il en est rendu déjà à produire les pièces qui ont trait à la déportation de 1755, il met en note ce qui suit : « Le gouverneur Nicholson vint à Annapolis en 1714, et soumit alors aux Acadiens les termes qui avaient été convenus à leur sujet, à savoir : qu’ils pouvaient garder leurs terres à la condition de devenir sujets de la Couronne Britannique, ou disposer de leurs propriétés et quitter le pays, à leur choix, dans l’espace d’un an. Ils choisirent unanimement la dernière alternative et se préparèrent à évacuer le pays ; mais les vaisseaux que l’on avait promis de leur envoyer du Cap Breton pour opérer leur émigration n’étant pas venus, ils se trouvèrent forcés de demeurer où ils étaient. Ils continuèrent cependant de refuser à prêter le serment, alléguant qu’ils avaient été retenus contre leur désir, ce qui, dit le gouverneur Mascarene dans une lettre à Shirley, datée d’Annapolis, le 6 avril 1748, « n’était vrai qu’en partie, puisque le gouverneur Nicholson « avait déclaré qu’ils ne pouvaient pas être transférés par le moyen de vaisseaux anglais, et que les Français du Cap Breton pouvaient venir et les prendre à bord de leurs propres navires, ce que ces derniers ne voulurent pas faire » ; autrement il est probable que la plupart d’entre eux se fussent retirés à l’Ile Royale ou à l’Île St-Jean. »

Tout n’est pas exact dans ce qui précède, bien loin de là. Il n’y a de vrai que ce qui concerne l’arrivée de Nicholson et la détermination des Acadiens de quitter le pays. Et aussi, sans doute à son insu, le compilateur confirme par une preuve nouvelle, l’infamie déjà signalée dans les documents que nous avons publiés plus haut. En effet, si nous comprenons bien sa pensée, les Acadiens n’avaient pas eu le privilège que leur assurait le traité, c’est-à-dire de pouvoir, advenant leur départ, emporter avec eux leurs effets