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elle qu’une déclaration aussi mal formulée n’engendrât pas des malentendus. Ce qu’était exactement l’Acadie, ce qu’était ou avait été la Nouvelle-Écosse, n’avait jamais été nettement déterminé. Déjà embrouillée de ce chef, la phrase le devenait encore plus à cause de ces mots : « comme aussi la Ville de Port-Royal, maintenant appelée Annapolis Royale». Quelle étrange rédaction ! Mais quoi, l’Acadie ou Nouvelle-Écosse, ne comprenait-elle qu’une partie de la péninsule à laquelle le traité, par extension, adjoignait Port-Royal ? Ce n’était certainement pas cela qu’on avait voulu signifier, puisque Port-Royal faisait essentiellement partie de l’Acadie, qu’il en avait été le berceau et que, pendant tout un siècle, il avait été le siège du gouvernement. Il était

    gaire, aurait pu s’interpréter comme comprenant des possessions qui, avec cette Province, formaient un même gouvernement, et que la France n’entendait pas céder. Milord Bolingbroke qui prévoyait la résistance que le Roi de France apporterait à la proposition de céder l’Acadie dans l’étendue actuelle du gouvernement connu sous ce nom, demanda la cession de l’Acadie suivant ses anciennes limites, qui étaient beaucoup plus étroites et qui remplissaient également ses vues, la partie de la Péninsule qu’elles embrassent étant la plus utile de tous ces cantons… La Nouvelle-Écosse du traité d’Utrecht et l’Acadie suivant ses anciennes limites, étaient, dans l’intention des Plénipotentiaires, une seule et même chose, ainsi qu’il appert par les termes du traité. »

    Cf. Conduite des François par rapport à la Nouvelle-Écosse, etc., traduit de l’anglois, avec des notes d’un François, dans lesquelles il disculpe sa nation des imputations dont on la charge, etc… À Londres, chez les Frères Vaillant, 1755. Les passages plus haut sont tirés des notes 92, 110, 111, 120. Ouvrage de grande valeur pour la question qui nous occupe, puisque, d’un côté, l’auteur « expose la faiblesse des arguments dont ils (les François) se servent pour éluder la force du traité d’Utrecht et pour justifier leurs procédés illégitimes, tandis que, de l’autre, le François réfute, dans ses notes, les paralogismes de l’auteur anglois et ses fausses assertions, et établit péremptoirement les droits de la France sur les possessions qu’elle occupe dans l’Amérique Septentrionale. »

    Nous devons la communication de cet ouvrage, très précieux et très rare, à notre ami M. Louis-J. Jobin, de Boston, bibliophile aussi aimable qu’érudit.