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deux Couronnes, allait avoir à régler plus tard cette importante question. En attendant sa décision, la France, aux termes du traité, cédait à la Reine d’Angleterre, à perpétuité « la Nouvelle-Écosse, ou l’Acadie, en son entier, conformément à ses anciennes limites, comme aussi la ville de Port-Royal, maintenant appelée Annapolis Royale, et généralement tout ce qui dépend des dites Terres et Isles de ce pays-là », — ainsi qu’il est dit à l’article 12[1]. Or, il était diffi-

    pour terminer, il fallait céder sur quelque chose, et il n’insista pas au sujet du Cap-Breton. De son côté, Louis XIV admit toutes les autres conditions.

    Hist. de France, de Lavisse. Tome VIII. Liv. II, c. III, p. 127 et sq. par M. de Saint-Léger.

  1. Voici le texte latin : « Dominus Rex Christianissimus… Dominæ Regiæ Magnæ Britanniæ litteras… tradentas curabit, quarum vigore…Novam Sco tiam… Sivc Acadiam totam, limitibus suis antiquis comprehensam, ut et Portas Regii urbem, mine Annapolim Rcgiam dictam, cceteraque omnia in istis regionibus quæ ab iisdem terris et insulis pendent… nunc cedit ac transfert Christianissimus… » « Le nom d’Acadie, joint à celui de Nouvelle-Écosse, interprétait ce dernier terme, auquel la France ne pouvait donner aucune valeur, et ramenait à des idées positives l’idée vague pour elle et pour tous autres, qu’aurait présente le nom de Nouvelle-Écosse, s’il eut été isolé… Toute la question entre les deux couronnes roule sur la différence des limites qu’elles mettent à l’Acadie. Celles que l’Angleterre établit n’ont jamais existé, ni anciennement ni récemment. Les limites de l’Acadie ancienne, constantes, reconnues par les Patentes des gouverneurs, et prouvées par le langage de tous les actes publics, ou par leur interprétation au tems de leur exécution, sont, dans la Péninsule, à l’Est, le Cap Canceau, et à l’Ouest le Cap Fourchu… Elles existent sur ce pié depuis que le mot d’Acadie existe. Les premiers navigateurs qui ont abordé à ces Côtes les ont trouvées toutes établies. Les Français qui s’y sont habitués les premiers, les ont conservées. C’est ce qu’attestent Denys, Lescarbot, Champlain, toutes les Relations. Les Nations Étrangères, les Géographes, les Écrivains de tout genre s’y sont conformés. Dans les cartes les plus récentes, et où l’usage vulgaire d’étendre les limites de l’Acadie a le plus prévalu, on voit des traces sensibles de la tradition, en ce que le mot est presque toujours renfermé dans la Péninsule, et que le plus souvent il ne fait qu’en côtoyer la partie Sud-Est. C’est donc cette partie Sud-Est, et en outre Port-Royal, que les François ont cédée aux Anglois, par le traité d’Utrecht… lors du traité d’Utrecht. l’Acadie, à cause des limites abusives qui lui étaient données dans l’usage vul-