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Dans l’intervalle, les désertions, mais surtout la maladie, réduisirent tellement la garnison d’Annapolis (Port-Royal), qu’au dire d’un témoin oculaire, il ne restait plus qu’une centaine de soldats valides, au mois de juin de l’année suivante. Il devenait donc assez facile aux Acadiens, qui se trouvaient en dehors des limites comprises dans la capitulation, d’engager les hostilités et même de reconquérir le Fort. L’occasion d’une revanche était excellente : dans ce but, ils se mirent en communication avec Saint-Castin, que M. de Vaudreuil avait nommé provisoirement lieutenant du Roi en ces quartiers. [1] « Un nommé Abraham Gaudet, de

    contre Montréal par le lac Champlain. Rendu au lac Saint-Sacrement (lac George) il s’arrêta et attendit l’arrivée de Walker devant Québec. Dans la nuit du 22 août, alors que les vaisseaux avaient passé l’île d’Anticosti, un gros vent s’éleva, accompagné d’une brume épaisse. Bientôt la flotte se trouva au milieu d’îles et d’écueils. Dix des vaisseaux se brisèrent sur l’île aux Œufs, l’une des Sept-Îles, et environ 940 hommes et femmes, y compris les officiers, soldats et matelots périrent sur les 1240 personnes qu’ils portaient. Après ce désastre, Walker retourna en arrière et alla jeter l’ancre dans la baie des Espagnols (Sydney), au Cap-Breton. En chemin, 3 autres transports et une frégate se perdirent dans le golfe. La résolution fut prise à l’unanimité d’abandonner l’entreprise sur Québec. Les Américains furent débarqués à Boston, et la flotte cingla vers Portsmouth, où, peu après son retour, le vaisseau amiral, The Edgar, de 70 canons, sauta avec 400 hommes d’équipage et un grand nombre de personnes qui étaient allées à bord visiter leurs amis. — Sur la flotte de Walker avaient pris place un bataillon de soldats de marine et sept régiments de vétérans de Marlborough, sous les ordres du brigadier général John Hill. — Garneau, T. I, liv. VI, c. II, p. 474 et seq.

  1. « (M. de Vaudreuil) nomma par provision, et jusqu’à ce qu’il eût reçu les ordres qu’il avait demandés à la Cour, le Baron de Saint-Castin, qui commandait déjà à Pentagoët, son lieutenant en Acadie, et lui envoya des instructions, pour maintenir les sujets du Roy, qui étaient restés en ce pays, dans l’obéissance due à Sa Majesté.» Charlevoix. Liv. XIX, p. 69.

    Le Baron de Saint-Castin était un gentilhomme d’Obéron, dans le Béarn. Il avait été officier dans le régiment de Carignan. Il avait épousé une indienne, et s’était mis à vivre la vie des sauvages et avait appris leur langue : aussi son influence sur eux était très grande. Les Abénaquis l’avaient choisi comme leur