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trompe doublement et sciemment [1]. Car Le Loutre n’était pas alors Grand-Vicaire, et ni lui ni ses sauvages ne demeuraient depuis longtemps sur la rivière Shubénacadie, mais bien à la Baie Verte, sur un territoire réclamé et occupé par la France. Nous pourrions ajouter que Parkman trompe triplement, parce que Le Loutre, lorsqu’il fut nommé Grand-Vicaire, quatre années plus tard, ne le fut pas pour l’Acadie ou la Péninsule, mais pour la partie nord de la Baie de Fundy, laquelle était appelée, dans le temps, l’Acadie française, dans le but de distinguer cette région du Canada proprement dit, et de la Péninsule, — celle-ci étant dénommée par les Français Acadie Anglaise [2].

  1. « Louis-Joseph Le Loutre, vicar-general of Acadie and missionary to the Micmacs, was the most conspicuous person in the Province, and more than any other man was answerable for the miseries that ovenvhelmed it. The sheep of which he was the shepherd dwelt, at a day’s journey from Halifax, by the banks of the river Shubénacadie…  » (Montcal and Wolfe. Vol. I, ch. IV. Conflict for Acadia, p. 118),
  2. « L’abbé Le Loutre ne fut nommé Vicaire-Général qu’en 1754, c’est-à-dire un an seulement environ avant son retour en France. Selon l’abbé de l’Isle-Dieu, il n’avait ce titre que pour l’Acadie française, c’est-à-dire pour la partie située à l’ouest de la rivière Messagouetche. » Arch. du Sém. de Québec. Tableau sommaire… Arch. de l’arch. de Québec. Casgrain, Coup-d’œil sur l’Acadie C. F. Tome I, p. 120, note).

    Tableau Sommaire des miss, séculiers, etc., Acadie Françoise :

    « Par là on entend les postes que les Acadiens f rançois qui avoient évacués la Nouvele-Écosse des Anglois, avoient établis sous la protection du fort de Beauséjour et dont il a été parlé dans le mémoire auquel on a joint ce tableau sommaire. Il y avoit dans l’Acadie françoise quatre missionnaires séculiers, sçavoir Mr. Le Loutre, etc… Le premier et le plus ancien de ces quatre missionnaires (M. Le Loutre) était le Supérieur et le Grand-Vicaire de cette mission particulière. » (Docum. in. sur l’Acadie, pièce II, C. Fr., p. 14).

    Le MS. original porte à cet endroit la note suivante :’’Parkman a vu la preuve de ce dernier fait dans un compte-rendu des missions de l’Acadie par l’abbé de l’Isle-Dieu en 1755, lui-même Vicaire-Général du Diocèse de Québec, duquel relevait (sic) les missions de l’Acadie, et par conséquent la personne la (sic) plus