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de vous en aller. Mes amis, allez faire vos semailles, de façon que vos terres soient laissées en l’état où elles doivent être à pareille saison. Sans cela, vous n’avez aucun droit d’attendre la moindre faveur de la part de ce gouvernement. Lorsque vous aurez rempli votre devoir à cet égard, je répondrai d’une manière plus précise à votre requête… »


Ainsi, les Acadiens n’avaient pu s’en aller ni sur des vaisseaux anglais, ni sur des vaisseaux français, ni même sur des bateaux qu’ils avaient construits à cet effet ; ils n’avaient pu partir ni par mer ni par terre ; ils n’avaient pu quitter, selon leurs désirs, au dernier automne : on les avait remis au printemps. Or, le printemps est venu, et voici qu’ils ne le peuvent pas davantage : — c’est la saison des semailles ; qu’ils aillent d’abord ensemencer leurs terres. Ensuite, l’on verra. Cette longue série de subterfuges, laquelle serait incroyable si la preuve n’en était sous nos yeux, consignée par leurs auteurs mêmes dans des documents officiels, ne s’arrête cependant pas ici pour ce qui regarde Cornwallis.

Les Acadiens étaient bien déterminés à avoir le dernier mot.

Puisqu’il leur fallait, pour obtenir la permission de quitter enfin le pays, ensemencer leurs terres au profit d’étrangers, ils le firent. Et quand, cette tâche achevée, ils se présentèrent à nouveau devant le gouverneur, le vendredi 25 mai 1750, ils avaient lieu d’espérer que, cette fois, aucune autre objection ne serait invoquée à l’encontre de leurs vœux [1]. Mais un nouveau désappointement les attendait.

  1. « At a council held at the Governors on friday the 25th of May 1750. His Excellency read o Petition from the inhabitants of Annapolis Royal de-