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soit à Louisbourg, soit à Boston. Non rebutés toutefois, ils eurent recours aux autorités françaises en les priant d’intervenir en leur faveur auprès de la Cour d’Angleterre. Quand l’ordre du gouvernement anglais enjoignant à Nicholson de laisser aux Acadiens toute liberté de s’en aller fut remis au colonel Vetch, celui-ci prétendit qu’il n’avait pas qualité pour agir, qu’il fallait attendre le retour du gouverneur. Et dès son arrivée, Nicholson, dans le but d’éluder les ordres pourtant clairs et formels qu’il avait reçus, en remit l’exécution, sous couleur de réserver certains points à la décision de la Reine Anne [1].

Pendant trois années, les Acadiens qui, naïvement, supposaient de la bonne foi chez leurs gouvernants, attendirent la réponse à ces points soi-disant réservés : elle ne vint jamais. Plus tard, Philipps, croyant que le temps était arrivé d’exiger un serment d’allégeance, lança une Proclamation ordonnant aux habitants de prêter ce serment dans l’espace de quatre mois, ou de quitter la Province sans rien emporter avec eux que leur linge. Ne connaissant pas le caractère de

  1. L’on n’a qu’à se rapporter, pour tout cela, à nos premiers chapitres. Pour mémoire, nous noterons seulement ceci :

    1713. June 23. Warrant from the Queen, directing Nicholson to allow sueh of the French inhabitants of N. S. and New Foundland as désire to be subjeets of Her Majesty, « to retain wid enjoy their lands and settlements without any Lett or molestation… or to sell the same if they shall rather chuse (sic) to remove elsewhere. » A. 27 B. T. N. S. vol. I. A. C. Nova Scotia. Report of Can. Arch. for 1894, p. 17.

    D’autre part, ce passage d’une lettre de Vetch aux Lords of Trade, en date du 24 nov. 1714 : « the bad effect of their removal (the Acadians)… the removal of ail their eattle, sheep and hogs will entirely strip the colony… the policy of allowing the French to sell their land not provided for in the treaty of Utrecht… the land, besides, was promised as a reward to the captors. A. 28. B. T. N. S. vol. I. Id. Ibid. p. 19.

    L’on n’est pas plus impudent.