Page:Richard - Acadie, reconstitution d'un chapitre perdu de l'histoire d'Amérique, Tome 2, 1916.djvu/65

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


CHAPITRE QUATORZIÈME



La Proclamation de Cornwallis provoque le départ de quelques familles. — L’émigration menace de devenir générale. — Au commencement de mai 1750, les députés acadiens, réunis à Halifax demandent, la permission de quitter le pays. — Cornwallis, effrayé, change de ton. — Il évite cependant de donner une réponse, laquelle sera faite après que les habitants auront ensemencé leurs terres. — Les semailles finies, les députés reviennent à Halifax. — Nouveau subterfuge du Gouverneur.


Cornwallis parut comprendre enfin qu’il n’obtiendrait pas des Acadiens le serment qu’il en exigeait, que ceux-ci se soumettraient à la dure nécessité d’abandonner leurs biens et de quitter le pays, plutôt que de consentir à un acte qui révoltait leurs sentiments [1]

[ Au temps de Nicholson, ainsi que nous l’avons vu, les habitants ne purent se prévaloir des clauses du Traité d’Utrecht. Sous un prétexte ou sous un autre, l’on rendit leur départ impossible. D’un côté, l’on défendait l’entrée des ports aux vaisseaux français ; de l’autre, on ne leur permettait pas de se transporter sur des vaisseaux anglais. Ils entreprirent alors de construire eux-mêmes de petits bateaux ; mais, il leur fut refusé de se procurer des agrès

  1. Tout le passage suivant que nous mettons entre crochets a été biffé dans le MS. — Cependant il se trouve intégralement dans la traduction anglaise, (vol. I, depuis le 2e par. de la page 245 jusqu’au milieu de la page 247), ce qui porte à croire que l’auteur ne l’a biffé qu’après coup. Au demeurant, ce « résumé » n’était pas essentiel ici.