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APPENDICE III


(Cf. Chapitre Treizième)


À PROPOS DES LIMITES DE L’ACADIE


Arch. Can. (1905). App. N. P. 366-7-8-9.


LA GALISSONNIÈRE AU MINISTRE


À Québec, le 25 juillet 1749.


Monseigneur, — Vous aurez appris par ma dépêche du 26 juin et par les pièces qui y étoient jointes les mouvements que les Anglois, avant même qu’ils eussent la conclusion de la paix avoient commencé à se donner nonseulement envers les Acadiens mais envers des habitants françois placés sur des terrains qui sont indubitablement du Canada. Vous avez cru aussi l’envoy que j’ai fait à la rivière de Saint-Jean du Sr de Boishebert et d’un détachement et la lettre que j’ai écrite à M. Mascarène, gouverneur du Fort Royal. Cette lettre et le détachement ont produit en partie l’effet que j’en attendois en faisant rendre le jeune Abénakis, enlevé par le Sr Gorham ce qui a contenté les Abénakis et nous les a attachés de plus en plus. Mais il paroît par la réponse de M. Shirley que les Anglois ont dessein de soutenir leurs injustes prétentions et que par conséquent si on veut éviter une rupture ouverte en ce pays-ci on doit prendre des mesures en Europe pour arrêter leurs entreprises.

La rivière Saint-Jean n’est pas le seul poste qu’ils voudroient envahir, ils prétendent toute la côte depuis cette rivière jusqu’à Beaubassin, depuis Canceaux jusqu’à Gaspey et toute la profondeur des terres, ce qui non seulement leur donneroit contre tous les traités, plusieurs postes dans le golfe Saint-Laurent, mais encore les endroits souverains de tous le pays occupé par les Abénakis catholiques et sujets du roy, nation qui n’a jamais reconnu ni du reconnoître leur domination et qui est la plus fidèle que nous ayons en Canada. Si nous abandonnions à l’Angleterre ce terrain qui comprend plus de cent quatre vingt lieues de côtes, c’est-à-dire presqu’autant qu’il y en a de Bayonne à Dunkerque, il faut renoncer à toute communication par terre de Canada avec l’Acadie et l’isle Royale et à tout moïen de secourir l’une et reprendre l’autre. Il