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nes, qui étaient venus soumettre au Conseil un mémoire tout-à-fait insolent, pour tâcher de régler avec eux cette question : « Ces délégués furent donc en conséquence sommés de comparaître devant le Conseil, et, après que leur mémoire eût été disséqué article par article, on leur proposa de prendre le serment. Ils cherchèrent de leur mieux à éliminer ce sujet, et finalement exprimèrent le désir de s’en retourner chez eux pour consulter leurs commettants, afin d’en venir à une décision unanime pour ou contre ; sur ce, on les informa qu’en cette matière chacun avait à répondre pour lui-même, et, comme nous ne voulions pas user de contrainte à leur égard ni les surprendre, on leur donna vingt-quatre heures pour se prononcer, ajoutant que s’ils persistaient alors dans leur refus, ils pouvaient s’attendre à être chassés du pays, et que si, plus tard, ils regrettaient d’avoir répondu par un refus, ils ne leur serait plus permis de prendre le serment. Le matin suivant, ils se présentèrent à nouveau et refusèrent de prendre le serment à moins que l’ancienne réserve exemptant de porter les armes n’y fût adjointe. Alors, on leur signifia que, puisqu’ils ne voulaient pas accepter de devenir sujets britanniques, il était impossible de les considérer plus longtemps comme tels, qu’ils seraient envoyés en France à la première occasion ; en attendant, ordre fut donné de les garder prisonniers à l’Ile Georges, où ils furent immédiatement conduits. Ils ont depuis ardemment désiré d’être admis à prêter le serment, mais en vain, et aucune réponse ne leur sera faite avant que l’on ait vu dans quelles dispositions sont les autres habitants à cet égard. J’ai demandé que d’autres députés soient élus et envoyés ici au plus tôt, étant bien déterminé à amener les habitants à se soumettre ou à débarrasser la province de tels perfides sujets. Vos Seigneuries pourront examiner au long nos délibé-