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aucune Provision de vivre, ni à la pointe ni à la Rivière St-Jean. Si quelques habitans réfugiés à la pointe ont été saisies avec des Bestiaux nous n’en sommes aucunement coupables d’autant que les Bestiaux leur appartenoient en particulier et qu’ils les conduisoient sur leurs habitations respectives. Quant à nous, monseigneur, nous n’avons jamais d’élinqué sur ces sortes de matière, par conséquent nous devrions ce nous semble n’en être pas punis au contraire nous espérons qu’il plaira à votre Excellence nous rendre la même libertés que nous avions cy-devant en nous rendant l’usage de nos canots, soit pour transporter nos besoins d’une Rivière à l’autre, soit pour faire la Pêche, et par la subvenir à notre nourriture. Cette Permission ne nous a jamais, été ôtée qu’aprésent, nous espérons. Monseigneur, qu’il vous plaira nous la rendre, surtout en considération de quantité de pauvres habitans que seroient bien aises de substanter leur famille avec le Poisson qu’ils pourroient prendre.

« De plus nos Fusils, que nous regardons comme nos propres meubles nous ont été enlevés, malgré qui nous sont d’une dernière nécessité, soit pour défendre nos Bestiaux qui sont attaqués par les Betes sauvages, soit pour la conservation de nos Enfans et de nous-mêmes, tel habitan qui a ses Bœufs dans les Bois, et qui en a besoin pour ses travaux, n’oseroit s’exposer à aller les chercher, sans être en état de se deffendre et de se conserver, il est certain. Monseigneur, que depuis que les Sauvages ne fréquentent plus nos Quartiers, les Bêtes féroces sont extrêmement augmentées, et que nos Bestiaux en sont dévorés presque tous les jours, d’ailleurs les Armes que l’on nous enlève sont un foible garant de notre fidélité, ce n’est pas ce fusil que possède un Habitan qui le portera à la Révolte, ni la privation de ce même